Le Power Purchase Agreement (PPA)
Marché de l'énergie Transition énergétique

Le Power Purchase Agreement (PPA) : un contrat à connaître pour les entreprises

Publié le 16 janvier 2026

Qu’est-ce qu’un Power Purchase Agreement (PPA) ?

Une définition simple du Power Purchase Agreement

Un Power Purchase Agreement (PPA) est un contrat d’achat d’électricité signé de gré à gré entre un producteur d’électricité renouvelable (solaire, éolien, hydraulique, biomasse…) et un acheteur professionnel (entreprise, collectivité, parfois fournisseur).

Ce contrat s’inscrit dans la durée, en général entre 3 et 25 ans.

Il fixe dès le départ plusieurs paramètres essentiels : un prix de l’électricité, des volumes d’énergie à livrer et un cadre contractuel précis.

Selon la configuration du contrat, l’électricité peut être acheminée de 2 façons : via le réseau public, comme une fourniture classique ou via un réseau local.

Un contrat d’électricité renouvelable, cadré dans le temps

Concrètement, le PPA encadre :

  • la quantité d’électricité que le producteur s’engage à injecter ;
  • le prix de référence appliqué pendant toute la durée du contrat ;
  • le calendrier de livraison et les conditions d’exécution.

Parce qu’il repose sur des énergies renouvelables, le PPA s’accompagne de garanties d’origine. Ces certificats attestent que l’électricité achetée provient bien d’installations vertes identifiées. L’entreprise peut ainsi tracer son énergie et le prouver à ses parties prenantes.

Un contrat d’électricité renouvelable, cadré dans le temps

Pourquoi les PPA intéressent de plus en plus les entreprises ?

Un contexte énergétique qui change vite

Aujourd’hui, les entreprises évoluent dans un environnement où les enjeux énergétiques prennent de plus en plus de place. Le prix de l’électricité devient un sujet stratégique, au même titre que la performance environnementale et la compétitivité.

Dans le même temps, les organisations doivent répondre à des exigences croissantes en matière de transition énergétique et de réduction des émissions de CO₂. Ainsi, elles cherchent des solutions à la fois fiables et compatibles avec leurs objectifs RSE.

C’est dans ce contexte que les Power Purchase Agreements (PPA) trouvent toute leur place.

Un contrat qui apporte de la stabilité

Un PPA offre un prix d’électricité fixé à l’avance. Résultat : l’entreprise sait précisément combien elle va payer, année après année.

Cette stabilité est un atout majeur pour :

  • sécuriser un budget énergie ;
  • lisser les variations du marché ;
  • projeter des investissements sur le long terme.

En bref, un PPA devient un outil puissant pour reprendre le contrôle de sa facture d’électricité.

Un sujet devenu stratégique pour les directions énergie et RSE

Avec un PPA, l’entreprise bénéficie d’un approvisionnement 100% renouvelable, clairement identifié.

Grâce aux garanties d’origine, elle connaît l’origine exacte de l’électricité consommée et peut le démontrer en toute transparence.

C’est un élément essentiel pour :

  • valoriser sa stratégie RSE auprès de ses clients, salariés et investisseurs ;
  • réduire son empreinte carbone liée à l’électricité consommée.

De plus, ce type de contrat permet de soutenir directement la construction ou la pérennité de nouvelles installations renouvelables. L’entreprise devient ainsi actrice de la transition énergétique.

Les différents types de PPA : lequel choisir ?

Les Power Purchase Agreements ne se présentent pas tous sous la même forme. Leur structure dépend principalement de la manière dont l’électricité est livrée à l’entreprise, du rôle des intermédiaires et de l’emplacement de l’installation renouvelable.

Pour vous aider à faire le bon choix, voici les modèles les plus courants, expliqués simplement.

1. Les PPA physiques : une livraison réelle d’électricité

Dans un PPA physique, l’électricité produite circule réellement jusqu’à l’entreprise. C’est la forme la plus intuitive : le producteur injecte l’énergie dans le réseau (ou directement sur site), et l’acheteur la consomme.

On distingue trois formats :

Le PPA sur site (On-site PPA)

L’installation de production (comme des panneaux solaires par exemple) est implantée directement sur le site de l’entreprise. L’électricité est consommée sur place, en autoconsommation.

Il est particulièrement adapté aux entreprises disposant de foncier disponible (toitures, parkings, friches industrielles).

Le PPA hors site (Off-site PPA)

L’installation se situe à distance : parc solaire, éolien ou hydraulique situé ailleurs en France.

L’électricité est injectée dans le réseau public, puis livrée contractuellement à l’entreprise. L’acheteur reçoit l’équivalent de la production via son fournisseur d’électricité. Cette configuration permet d’accéder à des parcs de grande capacité, même si l’on ne dispose pas d’espace pour produire sur place.

Le Sleeved PPA

Enfin, le Sleeved PPA est une variante du PPA hors site dans laquelle un fournisseur intermédiaire gère l’ensemble des aspects techniques : acheminement, équilibrage, fourniture complémentaire.

PPA physiques

2. Les PPA virtuels (ou financiers)

Le PPA virtuel fonctionne différemment. Dans ce modèle, il n’y a pas de lien physique entre l’installation et l’entreprise. Le producteur vend son électricité directement sur le marché de gros, tandis que l’entreprise continue d’être alimentée par son fournisseur classique. Le contrat porte uniquement sur un engagement financier : les 2 parties s’accordent sur un prix de référence et compensent la différence selon l’évolution du marché.

Ce mécanisme, permet au producteur de sécuriser ses revenus et à l’entreprise de bénéficier d’un prix long terme stable, sans contrainte d’infrastructure. Les PPA virtuel sont particulièrement adaptés aux entreprises multi-sites, aux groupes internationaux ou à celles qui souhaitent soutenir des projets renouvelables sans modifier leur approvisionnement physique.

Comment mettre en place un PPA ?

Mettre en place un Power Purchase Agreement ne se résume pas à signer un contrat. C’est un projet énergétique structurant, qui engage l’entreprise sur le long terme. Mieux vaut donc avancer par étapes.

1. Clarifier ses besoins et ses objectifs

Tout débute par un diagnostic énergétique précis.

L’entreprise doit analyser sa consommation actuelle, projeter ses besoins à 5, 10 ou 15 ans, identifier les sites concernés, qu’il s’agisse d’un seul site, de plusieurs implantations ou de l’ensemble du parc.

Parallèlement, elle définit ses objectifs stratégiques :

  • la part d’électricité renouvelable qu’elle souhaite atteindre ;
  • le niveau de stabilité de prix recherché sur la durée ;
  • ses enjeux RSE et de décarbonation.

Cette phase permet de fixer les contours : volume à contractualiser, durée du futur contrat, et nature du PPA. Une base solide est alors posée.

2. Choisir la technologie et lancer la recherche de partenaires

Avec les besoins et objectifs établis, il convient d’identifier les technologies renouvelables possibles : solaire, éolien, hydroélectricité

Chaque option est à peser selon le profil de consommation, la localisation des sites, la disponibilité de foncier ou de toiture, et bien sûr le budget global du projet.

En parallèle, l’entreprise doit engager la recherche d’un producteur ou d’un agrégateur. Deux voies s’offrent à elle :

  • lancer un appel d’offres structuré ;
  • ou privilégier une négociation directe avec un ou plusieurs producteurs déjà identifiés.

L’appel d’offres permet de mettre en concurrence plusieurs offres et de comparer prix, délais, garanties et solutions techniques. En revanche, la négociation directe permet souvent plus de personnalisation.

3. Négocier les termes du contrat

Une fois les offres reçues, la négociation commence. Elle se fait d’abord via un document qui pose les grands équilibres du futur contrat :

  • le prix de l’électricité et son évolution éventuelle ;
  • la durée du PPA ;
  • les modalités de livraison : sur site, hors site ;
  • les garanties d’origine et la traçabilité de l’électricité renouvelable ;
  • les risques associés au projet.

L’objectif est de sécuriser un accord qui protège l’entreprise tout en restant viable pour le producteur. Puis, quand les parties sont d’accord, elles passent à la signature du contrat.

4. Suivi et gestion de l’accord dans la durée

Le PPA n’est pas un simple document à archiver, mais un engagement qui vit dans le temps. Pour en tirer pleinement parti, il faut un pilotage actif :

  • suivre que la production via le PPA correspond bien à la consommation visée ;
  • analyser régulièrement la performance économique du contrat au regard de l’évolution des marchés de gros ;
  • ajuster, si besoin, votre stratégie d’achat d’électricité globale.

En d’autres termes : un PPA bien mené est une composante de la stratégie énergie durable, pas une simple opération isolée.

Comment mettre en place un PPA

Le marché des PPA en France : où en est-on ?

Selon le 1er observatoire de la CRE publié en avril 2025, le marché français des PPA est en pleine construction, encore loin de la maturité observée chez nos voisins européens. Mais la dynamique s’accélère et les entreprises jouent un rôle clé dans ce mouvement.

Un marché encore jeune, mais en nette progression

Les premiers enseignements de la CRE sont clairs : les PPA restent un marché récent en France, dont le développement s’est accéléré durant la crise énergétique de 2022–2023.

Au total, les contrats analysés représentent :

  • 3,3 TWh/an d’électricité livrée,
  • issus de 2,2 GW de puissance installée,

Même si ces chiffres progressent, ils restent modestes par rapport aux capacités soutenues par les dispositifs publics (plus de 32,8 TWh d’éolien et 16,9 TWh de photovoltaïque en 2023 selon la CRE).

Qui signe des PPA aujourd’hui ?

Pour l’instant, les PPA français sont majoritairement portés par des grandes entreprises à forte consommation.

La CRE précise que les entreprises engagées disposent souvent de capacités financières solides, ce qui rassure les producteurs et les banques.

Leur consommation est généralement importante, souvent au-delà de 100 GWh par an et les PPA ne couvrent qu’une fraction de leurs besoins, rarement plus de 20%.

Les secteurs les plus représentés sont : le commerce et le transport, chacun autour de 25% du volume total contracté en France.

Des contrats longs et très structurés

En France, la durée moyenne d’un PPA atteint 19 ans, soit l’une des plus élevées d’Europe (contre 13 ans en moyenne en Europe).

Cette durée élevée est cohérente avec les besoins des producteurs, qui cherchent à sécuriser des revenus long terme pour financer leurs installations. Autre point notable : la plupart des contrats reposent sur un schéma de livraison au fil de la production.

Pourquoi la France avance-t-elle plus lentement que ses voisins ?

La CRE souligne plusieurs freins structurels, propres au contexte français :

  • un mix électrique déjà très décarboné, ce qui réduit l’urgence de verdir sa consommation ;
  • des prix historiquement bas sur le marché français, longtemps moins incitatifs que dans d’autres pays européens ;
  • des mécanismes de soutien public très protecteurs, qui incitent moins les producteurs à signer des PPA.

Des leviers identifiés pour accélérer le développement des PPA

Pour stimuler le développement des PPA, la CRE recommande plusieurs actions clés :

  • ouvrir davantage l’accès aux entreprises plus petites en renforçant les dispositifs de garantie. Par exemple, la Garantie Électricité Renouvelable de BPI France peut couvrir jusqu’à 80% du risque de défaut de l’acheteur ;
  • veiller à ce que les dispositifs publics n’étouffent pas le marché des PPA, un point souligné explicitement par la CRE qui invite à éviter que le soutien public ne « préempte » l’espace économique des PPA ;
  • renforcer la lisibilité du cadre réglementaire, notamment concernant l’intégration d’un PPA dans un contrat global de fourniture énergétique.

Ce que cela signifie pour les entreprises aujourd’hui

Le marché français n’a jamais offert autant d’opportunités :

  • les entreprises peuvent désormais accéder à des PPA plus variés, avec des durées flexibles et des technologies diversifiées ;
  • les solutions de garantie ouvrent la voie aux ETI et PME, pas seulement aux grands groupes ;
  • la stratégie RSE devient un moteur puissant : s’engager dans un PPA revient à soutenir directement la construction de nouvelles capacités renouvelables.

Autrement dit : le marché se structure, les outils se multiplient… et le PPA devient un levier stratégique pour sécuriser une partie de son approvisionnement tout en agissant concrètement pour la transition énergétique.