Les évolutions du 1er août 2026 ne concernent pas uniquement les particuliers. Elles modifient aussi la facture d’électricité des entreprises et des collectivités.
Les professionnels encore éligibles aux Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité (TRVE) sont directement concernés par leur révision. Toutefois, les entreprises ayant choisi une offre de marché ne sont pas totalement à l’écart. Certaines composantes restent fixées ou encadrées par les pouvoirs publics, quel que soit le fournisseur. C’est notamment le cas du TURPE et des taxes et contributions.
L’impact réel dépend donc du contrat souscrit, du niveau de raccordement et du profil de consommation de chaque site.
Une hausse moyenne des TRVE au 1er août 2026
Au 1er août 2026, les Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité augmentent. Pour les clients professionnels au Tarif Bleu, l’évolution moyenne atteint +2,93% HT soit +2,35% TTC. Cela représente +4,74€/MWh HT ou +5,56€/MWh TTC par rapport aux tarifs en vigueur jusqu’au 31 juillet 2026.
Ces chiffres concernent les Tarifs Bleus professionnels, destinés aux sites raccordés en basse tension avec une puissance inférieure ou égale à 36 kVA. Pour les structures disposant d’une puissance supérieure, les règles et les catégories tarifaires diffèrent.
Par ailleurs, cette évolution constitue une moyenne. L’impact réel sur la facture dépend de plusieurs paramètres :
- La puissance souscrite ;
- L’option tarifaire choisie ;
- La répartition des consommations selon les périodes ;
- Le volume annuel consommé ;
- Le profil d’activité du site.
Enfin, toutes les entreprises ne sont pas directement concernées par cette révision. Les professionnels ayant souscrit une offre de marché ne voient pas leur prix de fourniture évoluer automatiquement avec le TRVE. En revanche, les composantes réglementées de la facture peuvent tout de même changer. C’est notamment le cas des coûts d’acheminement et de certaines taxes.

Pourquoi les tarifs de l’électricité évoluent-ils ?
L’évolution des Tarifs Réglementés de Vente de l’Électricité ne repose pas uniquement sur le prix de l’énergie. Elle résulte de plusieurs composantes qui progressent ou diminuent à des rythmes différents.
Le nouveau mécanisme de capacité renchérit les tarifs
Le mécanisme de capacité vise à sécuriser l’alimentation électrique pendant les périodes les plus tendues. Son rôle devient essentiel lors des pics hivernaux, lorsque les besoins des entreprises et des ménages augmentent simultanément. Ce dispositif rémunère la disponibilité de moyens capables de soutenir le système électrique.
Depuis sa réforme, RTE contractualise directement avec les exploitants de ces capacités. Le financement repose ensuite sur les fournisseurs, les grands consommateurs qui achètent directement sur les marchés et les gestionnaires de réseau pour leurs pertes.
La première enchère du nouveau mécanisme s’est tenue le 6 juillet 2026 pour l’hiver 2026-2027 pour un prix finalisé de 28 183€/MW. La CRE précise que compte tenu des volumes contractualisés, du prix plafond intermédiaire et du volume de dérogations, le prix à répercuter dans les offres de fourniture s’établit à 18 646,63€/MW, TVA incluse. Son coût est intégré aux TRVE dès le mois d’août, avec une couverture étalée sur douze mois. Le reliquat de l’ancien dispositif devrait être traité lors du mouvement de février 2027.
Pour les clients professionnels au TRVE, cette nouvelle composante entraîne une hausse moyenne de 3,13€/MWh HT, soit +1,93% HT ou +1,59% TTC. L’impact reste indicatif : il dépend du profil de consommation de chaque entreprise.
Pour les entreprises en offre de marché, la répercussion de ce coût dépend des modalités prévues dans leur contrat et peut intervenir à une date différente du 1er août, selon le cycle de facturation et le type de contrat souscrit.
Le TURPE augmente pour le transport et la distribution
Le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE) finance l’utilisation des réseaux publics d’électricité. Il couvre notamment leur exploitation, leur entretien et leur modernisation. Il faut distinguer deux niveaux de raccordement.
Le TURPE 7 HTA-BT concerne les réseaux de distribution. Ceux-ci acheminent l’électricité jusqu’aux sites raccordés en moyenne tension ou en basse tension. Enedis les exploite sur la majeure partie du territoire, aux côtés des entreprises locales de distribution.
Le TURPE 7 HTB s’applique, quant à lui, au réseau de transport géré par RTE. Ce réseau à haute et très haute tension alimente notamment les grands sites industriels, certains gestionnaires de réseau et les grands pôles de consommation.
Au 1er août 2026, les tarifs évoluent en moyenne de la manière suivante :
| Tarif d’acheminement | Sites principalement concernés | Évolution moyenne |
|---|---|---|
| TURPE 7 HTA-BT | Sites raccordés au réseau de distribution | +3,04% |
| TURPE 7 HTB | Sites directement raccordés au réseau de transport | +3,34% |
Ces 2 pourcentages ne se cumulent pas. Pour un site raccordé au réseau de distribution, le tarif HTA-BT intègre déjà les coûts du transport en amont.
Cette révision annuelle tient compte de l’inflation et d’un mécanisme de régularisation. Celui-ci corrige les écarts entre les recettes prévues et les coûts réellement supportés par les gestionnaires. Du côté de RTE, les recettes 2025 ont notamment été inférieures aux prévisions en raison de températures plus douces. Des charges de capital et des coûts de gestion des congestions supérieurs aux attentes ont également pesé sur le calcul.
Pour les professionnels au Tarif Bleu, la hausse du TURPE représente en moyenne +2,00€/MWh HT, soit +1,23% HT ou +1,14% TTC sur le TRVE professionnel. Toutefois, l’effet réel varie d’un site à l’autre. La puissance souscrite, le niveau de raccordement et la répartition horaire des consommations entrent notamment en jeu.

La baisse des coûts liés aux CEE limite légèrement la hausse
Les coûts de commercialisation retenus pour construire les TRVE incluent deux éléments distincts :
- Les frais commerciaux hors CEE ;
- Les coûts d’acquisition des Certificats d’Économies d’Énergie.
Pour cette composante, la CRE prend comme référence les coûts prévisionnels d’EDF au titre de 2026. Les frais commerciaux hors CEE progressent très légèrement, de 0,01€/MWh HT.
En revanche, le coût retenu pour les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) diminue.
Au total, la diminution de la brique CEE l’emporte sur la faible hausse des autres frais commerciaux. Cette évolution réduit les TRVE de 0,39% HT, soit 0,32% TTC, ce qui se traduit par une baisse de −0,64€/MWh HT. Elle atténue donc une partie des hausses des autres composantes.
Ce calcul porte uniquement sur la construction du TRVE. Il ne signifie pas que les coûts commerciaux de chaque fournisseur d’électricité baissent dans les mêmes proportions.
L’Accise sur l’électricité baisse légèrement
L’Accise sur l’électricité est une taxe collectée par les fournisseurs, puis reversée à l’État. Elle s’applique indifféremment aux Tarifs Réglementés de Vente et aux offres de marché : changer de fournisseur n’y change rien.
Au 1er août 2026, la loi de finances simplifie les catégories fiscales applicables à l’électricité.
Les tarifs pleins évoluent comme suit :
| Catégorie fiscale | Activité | Puissance souscrite | Du 1er février au 31 juillet 2026 | À partir du 1er août 2026 |
|---|---|---|---|---|
| Ménages et assimilés | Activités non économiques | ≤ 250 kVA | 3,085 c€/kWh | 3,062 c€/kWh |
| Ménages et assimilés | Activités économiques | ≤ 36 kVA | 3,085 c€/kWh | 3,062 c€/kWh |
| Entreprises et assimilées | Activités économiques | > 36 kVA et ≤ 250 kVA | 2,658 c€/kWh | 2,635 c€/kWh |
| Entreprises et assimilées | Activités non économiques | > 250 kVA | 2,658 c€/kWh | 2,635 c€/kWh |
Cette évolution correspond à une baisse de 0,023 cts€/kWh des tarifs pleins d’Accise. Son impact reste toutefois limité sur la facture globale des entreprises.
Les montants ci-dessus sont des tarifs pleins. Or de nombreuses entreprises n’y sont pas soumises. Selon l’activité exercée, l’intensité énergétique du site et l’usage réel de l’électricité, un tarif réduit voire une exonération peuvent s’appliquer.
Le réflexe utile avant d’anticiper l’impact sur votre budget : identifier la catégorie fiscale et le tarif effectivement appliqués à chacun de vos sites.
Au-delà des prix : les ajustements à connaître pour les pros
La révision du 1er août 2026 ne concerne pas uniquement les prix. Elle comprend également plusieurs ajustements de structure, dont certains concernent directement les professionnels.
En Outre-Mer : des évolutions pour les professionnels
En Outre-Mer, les entreprises et collectivités raccordées en basse tension avec une puissance supérieure à 36 kVA sont concernées par plusieurs évolutions sur les tarifs Bleus+.
L’option Base de ces tarifs est supprimée. Les clients concernés qui ne choisissent pas une nouvelle option d’ici un an sont orientés vers l’option Heures Pleines / Heures Creuses.
Dans le même temps, la structure de cette option HP/HC est rééquilibrée : la part fixe diminue, tandis que la part variable augmente. L’objectif consiste à encourager le déplacement des consommations vers les heures creuses, sans modifier la facture moyenne.
Pour les entreprises souscrivant les tarifs Jaunes et Verts historiques en Corse et en Outre-mer, une transition progressive est engagée sur quatre ans, avec pour objectif la suppression à terme de ces tarifs devenus obsolètes au regard des réalités du système électrique local.
Que changent ces évolutions pour les clients la bellenergie Business ?
Que votre entreprise soit au Tarif Réglementé de Vente de l’Électricité (TRVE) ou en offre de marché, ces évolutions rappellent une règle essentielle : toutes les composantes de la facture ne dépendent pas du fournisseur.
En effet, une facture d’électricité se compose notamment :
- Du prix de fourniture définis par le contrat ;
- Du TURPE et des taxes et contributions réglementaires, décidées par les pouvoirs publics.
Ainsi, lorsqu’une entreprise choisit une offre à prix fixes, le prix de la fourniture est stable pendant la durée prévue au contrat. Mais les évolutions du TURPE, de l’Accise ou des autres composantes réglementaires continuent, elles, de s’appliquer à l’ensemble des consommateurs, quel que soit leur fournisseur.
Chez la bellenergie Business, les entreprises peuvent choisir la solution la plus adaptée à leur profil de consommation et à leurs objectifs : offre à prix fixes, stratégie d’achat progressive ou approche plus dynamique selon les besoins. L’objectif reste le même : apporter de la visibilité sur le coût de la fourniture tout en tenant compte des évolutions réglementaires qui s’imposent à l’ensemble du marché.
Sources
- Journal officiel – Décision du 29 juillet 2026 relative aux tarifs réglementés de vente de l’électricité applicables aux consommateurs résidentiels en France métropolitaine continentale
- Journal officiel – Décision du 29 juillet 2026 relative aux tarifs réglementés de vente de l’électricité applicables aux consommateurs non résidentiels en France métropolitaine continentale
- Journal officiel – Arrêté du 29 juillet 2026 relatif aux tarifs réglementés de vente de l’électricité applicables dans les zones non interconnectées au réseau métropolitain continental
- Legifrance – Article L. 312-24 du code des impositions sur les biens et services, version en vigueur au 1er février 2026
- CRE – Délibération de la CRE n°2026-147 du 15 juillet 2026
- CRE – La CRE publie son observatoire des marchés de détail du premier trimestre 2026
- CRE – Évolution annuelle des tarifs d’utilisation des réseaux publics d’électricité au 1er août 2026