Collectivités - 10 leviers pour faire des économies d’énergie
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Collectivités : 10 leviers pour faire des économies d’énergie

Publié le 29 décembre 2025

Transition énergétique : comment les collectivités peuvent passer à l’action

Qu’il s’agisse de l’hiver ou de l’été, chaque saison met les collectivités face à des défis énergétiques majeurs. La hausse des prix de l’énergie, les exigences réglementaires croissantes et l’urgence climatique rendent l’action indispensable. Agir n’est plus une option : c’est une nécessité pour mieux maîtriser les dépenses publiques et réduire l’empreinte carbone des territoires.

Depuis 2019, le Décret Tertiaire, issu de la loi ELAN, impose aux bâtiments à usage tertiaire une réduction progressive de leur consommation d’énergie finale. Cela concerne aussi de nombreux bâtiments publics. Les objectifs sont : -40% d’ici 2030, -50% en 2040 et -60% en 2050, par rapport à une année de référence entre 2010 et 2022.

Le dispositif Éco Énergie Tertiaire s’applique à tous les bâtiments ou ensembles de bâtiments de plus de 1 000 m², publics ou privés. Il inclut un reporting annuel obligatoire via la plateforme OPERAT, pilotée par l’ADEME, pour suivre les progrès et garantir la transparence des résultats.

La transition énergétique ne repose pas uniquement sur des rénovations lourdes. Des gestes simples peuvent déjà produire des effets concrets. Accompagnés d’outils adaptés, ils permettent de réduire les consommations, d’améliorer le confort des usagers et de mobiliser les agents autour d’un projet collectif.

Nous vous proposons 10 actions concrètes, inspirées de retours d’expérience de collectivités engagées. Elles aident à réduire vos consommations d’énergie tout au long de l’année.

1. Engager les usagers et agents dans la sobriété énergétique

Avant d’envisager des rénovations lourdes ou des équipements technologiques, une force précieuse peut être mobilisée : les femmes et les hommes qui vivent et travaillent dans les bâtiments publics. Leur implication est souvent le point de départ d’une démarche de sobriété réussie.

La transition énergétique ne repose pas uniquement sur des moyens techniques. Elle se construit aussi à travers des gestes simples du quotidien, portés collectivement, et une dynamique partagée entre agents, usagers et décideurs.

Sensibiliser, accompagner, impliquer : le trio gagnant

Pour enclencher un changement durable des comportements, il faut donner du sens aux écogestes et les inscrire dans le quotidien.

Organisez des ateliers pratiques, des visites de sites, ou des formations sur les bons réflexes : éteindre les veilles, ajuster la température, privilégier la lumière naturelle, etc. Ces actions, lorsqu’elles sont comprises et partagées, deviennent des leviers puissants.

Et surtout, valorisez les efforts collectifs : un tableau d’affichage des consommations, une newsletter interne ou un tableau de bord partagé peuvent transformer les économies réalisées en source de fierté commune.

Créer l’émulation plutôt que l’obligation

Les concours d’économies d’énergie offrent une approche ludique et collective pour engager les usagers dans la transition énergétique. Le challenge CUBE Scolaire, lancé en 2019 par le Cerema et l’IFPEB, en est un exemple concret.

Destiné aux collèges et lycées, ce dispositif accompagne les établissements sur 5 ans, en impliquant l’ensemble de la communauté scolaire (élèves, enseignants, personnel administratif et gestionnaires). Les résultats parlent d’eux-mêmes : plus de 10% d’économies d’énergie dès la première année, sans travaux lourds ni investissements coûteux.

Avec plus de 900 établissements engagés, CUBE Scolaire montre qu’une démarche collective, bien accompagnée, peut transformer les usages et faire émerger des solutions créatives.

L’exemplarité, moteur de confiance et d’adhésion

Pour embarquer les agents et les habitants, rien ne vaut l’exemple. Si la collectivité montre qu’elle agit concrètement : extinction de l’éclairage public en cœur de nuit, régulation du chauffage dans les bâtiments administratifs, flotte de véhicules mutualisée, elle envoie un signal fort.

Cette exemplarité crée un climat de confiance et incite les citoyens à adopter à leur tour des comportements responsables, dans les bâtiments publics comme à la maison.

2. Optimiser le chauffage et la climatisation

Le chauffage représente souvent le principal poste de consommation d’énegie dans les bâtiments. Chaque degré compte, littéralement. Une gestion fine des températures, associée à un entretien rigoureux des équipements, permet de réaliser des économies substantielles, sans nuire au confort des usagers.

Le saviez-vous ?

Réduire la température de 1 °C peut entraîner jusqu’à 7% d’économies d’énergie. Appliqué à l’ensemble du patrimoine bâti d’une collectivité, l’impact est immédiat et visible sur les factures.

Nos conseils pour agir efficacement :

  • Un entretien régulier des installations (calorifugeage, désembouage, vérification des chaudières et pompes à chaleur) limite les pertes thermiques. Il prolonge également la durée de vie des équipements.
  • Adapter les températures selon l’usage des locaux permet d’allier sobriété énergétique et confort. Par exemple : 19 °C dans les bureaux occupés, 16 °C en période d’inactivité, 8 °C pour les bâtiments inoccupés plusieurs jours.
  • Reporter le démarrage de la saison de chauffe quand les températures extérieures le permettent offre une marge d’économie supplémentaire, surtout en automne.
  • Pour la climatisation, activer les appareils au-delà de 26 °C et gérer correctement les ouvertures (portes et fenêtres fermées) réduit les consommations inutiles.
  • Installer un système de régulation intelligent, comme une Gestion Technique Centralisée (GTC), facilite le pilotage automatique des températures. Cela réduit les gaspillages en soirée, le week-end ou pendant les vacances.
Optimiser le chauffage et la climatisation dans les collectivités

3. Réduire les consommations d’eau chaude

Quand on parle de performance énergétique, on pense souvent chauffage ou éclairage. Pourtant, l’eau chaude sanitaire représente une part importante des dépenses d’énergie, notamment dans les bâtiments publics (écoles, gymnases, piscines, EHPAD…) où son usage est quotidien.

Des ajustements techniques et des gestes du quotidien permettent de réduire significativement les dépenses, sans altérer le confort des usagers.

Régler la bonne température, un geste simple mais décisif

Un chauffe-eau mal réglé consomme plus d’énergie qu’il n’en faut. Les recommandations officielles préconisent une température de 55 °C dans les ballons d’eau chaude. Ce seuil est le juste équilibre entre sécurité sanitaire (pour éviter la légionellose) et économies d’énergie.

Adapter le matériel pour éviter les surconsommations

Selon l’ADEME, près de 30% des chauffe-eau installés sont surdimensionnés par rapport aux besoins réels. Résultat : une énergie gaspillée pour stocker et maintenir au chaud un volume d’eau… jamais utilisé.

Passer d’un ballon d’eau chaude de 200 litres à 50 litres peut économiser jusqu’à 300 à 400 kWh par an. Cela représente plusieurs dizaines d’euros sur la facture d’électricité.

Adapter la taille du ballon à la fréquentation du bâtiment (nombre d’usagers, plages horaires, saisonnalité) est une démarche économique et écologique.

Pour les équipements anciens, remplacer un chauffe-eau de plus de 15 à 20 ans par un modèle thermodynamique ou solaire individuel permet de réduire la consommation énergétique.

Installer des équipements économes pour limiter le débit

Les douchettes à faible débit, mousseurs et réducteurs de débit permettent de réduire la consommation d’eau tout en maintenant un confort identique pour les usagers.

Résultat : des économies, sans travaux ni investissement conséquent.

Sensibiliser les usagers : l’eau chaude, un bien commun

Comme pour l’électricité, chacun pense consommer peu… jusqu’à ce que les chiffres parlent. L’eau chaude devient alors un levier pédagogique.

Des affichages clairs, des ateliers sur les écogestes ou des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires peuvent contribuer à faire évoluer les comportements.

En impliquant les agents, les élèves et les usagers, la collectivité transforme la sobriété énergétique en projet collectif, accessible et porteur de sens.

4. Moderniser l’éclairage intérieur et extérieur

Dans les bâtiments publics comme dans l’espace urbain, l’éclairage représente un poste énergétique important pour les collectivités. La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit aussi de l’un des leviers les plus accessibles pour réaliser des économies.

Grâce à des équipements performants et à une gestion adaptée, il devient possible d’éclairer mieux, au bon moment et au bon endroit, tout en réduisant les consommations. L’objectif n’est pas de faire dans le sombre, mais d’optimiser intelligemment la lumière pour concilier confort, sécurité et sobriété.

Passer à la LED, un geste simple aux grands effets

Remplacer les luminaires traditionnels par des ampoules LED est souvent la première étape vers un éclairage plus sobre.

Les LED présentent une durée de vie bien supérieure à celle des ampoules classiques, et une efficacité énergétique très supérieure. Selon un guide de l’ADEME, les rénovations d’éclairage dans des bâtiments tertiaires permettent des réductions de consommation fréquemment supérieures à 50%.

Automatiser l’éclairage pour éviter les gaspillages

Pourquoi éclairer un espace inoccupé ? Tout d’abord, les détecteurs de présence, temporisateurs et autres capteurs intelligents permettent d’activer l’éclairage uniquement quand c’est nécessaire. Cela concerne les couloirs, sanitaires, salles de réunion, etc.

Ensuite, lorsqu’ils sont couplés avec des systèmes de télégestion ou une Gestion Technique Centralisée (GTC), ces dispositifs garantissent que les lumières ne restent pas allumées inutilement après les heures d’utilisation.

Petit bonus : moins d’interventions pour changer les ampoules, donc moins de maintenance à prévoir.

Repenser l’éclairage public sans éteindre la ville

L’éclairage public reste un poste majeur de consommation pour les communes, représentant historiquement plus de 30% de leur électricité (étude de 2017). Depuis 2019, la consommation liée à l’éclairage public a commencé à baisser, grâce à la modernisation progressive des lampadaires et au remplacement des ampoules énergivores par des LED moins consommatrices.

La hausse des prix de l’électricité et les appels à la sobriété énergétique en 2022 ont accéléré cette tendance : de nombreuses communes ont réduit la durée d’éclairage en l’éteignant au cœur de la nuit (22 h–6 h). Cette mesure s’est largement généralisée et s’est traduite par une baisse moyenne de puissance d’environ 30% entre 2021 et 2023.

Outre l’économie d’énergie, réduire l’éclairage nocturne contribue à diminuer la pollution lumineuse, à laquelle 85% du territoire métropolitain est exposé.

Pour optimiser l’éclairage public tout en préservant sécurité et confort, les collectivités peuvent :

  • Mettre en place des plages d’extinction partielle ou totale, dans les zones peu fréquentées, tout en maintenant un niveau minimal de sécurité ;
  • Installer des systèmes de gradation pour adapter la lumière aux besoins réels et éviter le gaspillage ;
  • Remplacer les lampes les moins performantes par des technologies plus efficaces, comme les LED, et orienter la lumière vers les zones à éclairer pour réduire la pollution lumineuse.

Ces ajustements permettent de réduire la consommation d’énergie, d’alléger la facture des communes et de limiter les nuisances lumineuses, tout en conservant un éclairage sûr et fonctionnel pour les usagers.

Pour aller plus loin

Les années précédentes, les collectivités qui souhaitaient moderniser leur parc d’éclairage public et maîtriser leurs consommations d’énergie ont pu s’appuyer sur le sous-programme Lum’ACTEE+, créé par ACTEE.

Ce dernier s’adressait aux parcs d’éclairage public municipaux (hors éclairages sportifs et bâtiments publics déjà pris en charge par d’autres outils ACTEE) et visait à réduire de 60% la consommation d’énergie des installations concernées. Les communes de moins de 3 500 habitants pouvaient mutualiser leurs projets pour bénéficier du financement.

Repenser-leclairage-public-sans-eteindre-la-ville

5. Adopter la performance énergétique via les contrats et rénovations

Avec près de 37% du parc tertiaire national, les bâtiments publics représentent un formidable potentiel d’économies d’énergie. Une large majorité appartient aux collectivités. Ce patrimoine est au cœur des enjeux de transition énergétique : environnementaux, économiques et fonctionnels.

Sur le plan environnemental et réglementaire

La réduction des émissions de CO₂ est encadrée par la Loi Élan. Elle s’appuie également sur la directive européenne sur l’efficacité énergétique de septembre 2023. Les collectivités doivent montrer l’exemple. L’objectif collectif est une réduction de 11,7% de la consommation d’énergie du secteur public d’ici 2030, par rapport à 2020 ;

Sur le plan économique

En 2017, la facture énergétique des bâtiments publics en métropole (hors Paris, Lyon et Marseille) dépassait 2,2 milliards d’euros. Aujourd’hui, ce montant est certainement plus élevé à cause de la hausse des prix de l’énergie.

Par ailleurs, les consommations énergétiques représentent 3 à 6% des charges de fonctionnement des communes. Elles viennent juste après les dépenses de personnel.

Sur le plan patrimonial

La rénovation énergétique valorise les bâtiments. Elle permet de les adapter aux nouveaux usages et d’améliorer le confort des agents et des usagers.

Faire du contrat de performance énergétique un levier de sobriété durable

Le Contrat de Performance Énergétique (CPE) s’impose comme un outil contractuel efficace pour engager une collectivité dans une démarche de sobriété durable. Il repose sur un accord entre une collectivité et un prestataire spécialisé dans les services énergétiques, avec une garantie de résultats sur les économies d’énergie réalisées.

Il existe plusieurs formes de CPE, selon les besoins et le niveau d’intervention :

  • CPE « Fournitures et Services » : il cible l’optimisation des équipements existants (éclairage, régulation, maintenance). Ce format est adapté aux bâtiments récents ou ne nécessitant pas de travaux lourds, avec des économies estimées autour de 20% ;
  • CPE « Travaux et Services » : il intègre des rénovations plus globales (isolation, chauffage, menuiseries, etc.) et peut aider à réduire la consommation énergétique de 20 à plus de 50%.

Rénover plutôt que reconstruire : une stratégie durable et rentable

Face aux enjeux climatiques et budgétaires, la rénovation énergétique des bâtiments publics s’impose comme une solution stratégique pour les collectivités. Plutôt que de construire du neuf, moderniser l’existant permet de réduire les consommations, de valoriser le patrimoine et de améliorer le confort des usagers.

Le Décret Tertiaire, issu de la loi ELAN, impose une réduction progressive de la consommation d’énergie finale dans les bâtiments à usage tertiaire de plus de 1 000 m² : -40% d’ici 2030, -50% en 2040 et -60% en 2050. Cette obligation concerne aussi bien les bâtiments publics que privés.

Mais au-delà de la contrainte réglementaire, la rénovation permet de réduire l’impact environnemental : selon l’ADEME, la construction neuve consomme 40 à 80 fois plus de matériaux que la rénovation, selon le type de bâtiment. Rénover permet donc de limiter l’extraction de ressources et la production de déchets.

S’appuyer sur les outils qui font leurs preuves

Pour accompagner les collectivités dans cette démarche, plusieurs dispositifs sont à leur disposition :

  • La plateforme OPERAT, développée par l’ADEME, permet de suivre les consommations énergétiques, de déclarer les données annuelles et d’évaluer les progrès réalisés. Elle constitue un outil central pour répondre aux obligations du Décret Tertiaire et piloter les actions de performance énergétique ;
  • Le programme ACTEE, piloté par la FNCCR, propose un accompagnement technique et financier pour les projets de rénovation énergétique. Il prend en charge les diagnostics et études préalables, les outils de suivi et met à disposition un centre de ressources complet, avec guides pratiques, modèles de documents et retours d’expérience concrets.

Ces dispositifs permettent aux collectivités de structurer efficacement leur stratégie énergétique, de tirer parti des bonnes pratiques et de mutualiser les efforts avec d’autres territoires.

6. Encourager la mobilité durable et les déplacements doux

Le secteur des transports est un moteur vital pour les territoires, mais aussi un gros contributeur à la pollution : il génère plus de 30% des émissions de gaz à effet de serre (GES) et plus de 50% des oxydes d’azote (NOx). Les collectivités jouent donc un rôle central pour orienter la mobilité vers des solutions plus durables et accessibles à tous.

Pourquoi privilégier des modes de transport moins polluants ?

Pour la santé et le bien-être des citoyens

Développer les « modes actifs » comme la marche ou le vélo intègre de l’activité physique dans le quotidien, réduit le stress lié aux embouteillages et limite l’exposition aux polluants atmosphériques. Une pratique régulière diminue aussi les risques de maladies cardiovasculaires, diabète ou cancer selon l’OMS.

Pour la qualité de vie sur le territoire

Moins de voitures en circulation signifie moins d’embouteillages, moins de bruit et un air plus respirable. Les transports en commun et les modes partagés contribuent à désengorger les routes et à créer des espaces urbains plus agréables.

Mobilité active : marche et vélo

Pour encourager les déplacements courts, les collectivités peuvent aménager des zones piétonnes et des pistes cyclables sécurisées, tout en développant des stations de vélos en libre-service et des parkings sécurisés. Ces infrastructures facilitent l’usage du vélo et de la marche pour les trajets quotidiens.

Il est important de rappeler que près de 40% des déplacements urbains en voiture couvrent moins de 3 km. Or, ces trajets courts sont paradoxalement plus polluants, en raison des arrêts fréquents, redémarrages et fonctionnement du moteur à froid. Ainsi, favoriser la marche ou le vélo sur ces distances réduit significativement les émissions de gaz à effet de serre. Cela contribue également à diminuer l’empreinte carbone globale du territoire.

Enfin, les collectivités peuvent renforcer l’adoption de ces modes actifs. Elles y parviennent grâce à des actions de sensibilisation et de communication auprès des habitants. Elles mettent en avant les bénéfices pour la santé, l’environnement et la fluidité des déplacements urbains.

Transports en commun et solutions partagées

Les collectivités disposent de leviers concrets pour réduire l’usage individuel de la voiture, tout en garantissant l’accessibilité des déplacements pour tous les habitants.

Développement et optimisation des réseaux

Investir dans des réseaux de transport collectif : tramways, bus à haut niveau de service, transports à la demande, permet de répondre aux besoins quotidiens des citoyens et de fluidifier la circulation en ville. L’objectif est de rendre ces modes plus attractifs que le véhicule individuel, tout en desservant efficacement l’ensemble du territoire.

Solutions partagées : covoiturage et autopartage

Encourager le covoiturage, notamment pour les trajets domicile-travail ou intersites, et l’autopartage pour les déplacements ponctuels, réduit le trafic routier et les émissions de polluants. Les collectivités peuvent accompagner ces pratiques via des infrastructures dédiées, des partenariats avec des plateformes ou des incitations locales.

Intermodalité

La combinaison de la marche, du vélo et des transports en commun sur un même trajet, appelée intermodalité, permet de couvrir des distances plus longues tout en limitant l’usage de la voiture. La création de pôles d’échanges et la sécurisation des itinéraires cyclables et piétons facilitent cette transition.

Véhicules moins polluants et énergies alternatives

La modernisation des flottes municipales est un levier clé pour les collectivités souhaitant réduire l’impact environnemental de leurs déplacements publics et collectifs.

  • Incitations financières et aides : les dispositifs nationaux peuvent soutenir le renouvellement des flottes publiques ;
  • Transition du parc automobile public : renouveler les véhicules municipaux et intercommunaux avec des modèles plus propres contribue directement à la réduction des émissions de CO₂ et de polluants atmosphériques, tout en valorisant l’image écologique du territoire ;
  • Carburants alternatifs : L’électricité, l’hydrogène et le biogaz sont des solutions viables pour les transports collectifs et les véhicules municipaux, permettant de concilier mobilité et objectifs de transition énergétique.

Zones à faibles émissions (ZFE) : protéger la santé et améliorer la qualité de l’air

Les ZFE permettent aux collectivités de réduire la pollution locale et protéger la santé publique.

Une ZFE désigne un périmètre urbain où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte. L’objectif est de diminuer les émissions de dioxyde d’azote (NO₂) et de particules fines (PM10, PM2,5) et d’améliorer la qualité de l’air pour les habitants.

En pratique, l’accès aux ZFE est réglementé via le système de vignettes Crit’Air, qui classe les véhicules selon leur niveau d’émissions. Les restrictions sont progressives : par exemple, certaines ZFE imposent déjà des limites aux voitures diesel de plus de 18 ans ou plus, avec un calendrier d’évolution pour inclure les véhicules essence et utilitaires légers.

Pourquoi privilégier des modes de transport moins polluants

7. Réduire les consommations liées aux équipements informatiques

Un enjeu invisible mais bien réel

Ordinateurs, écrans, imprimantes, serveurs… Les équipements informatiques pèsent de plus en plus lourd dans la facture énergétique des collectivités. Derrière l’écran, c’est tout un écosystème numérique qui consomme : fabrication d’appareils, alimentation électrique, stockage de données, etc.

Le numérique représente environ 10% de la consommation électrique nationale et 2,5% de l’empreinte carbone annuelle de la France. Sans action, ces émissions pourraient augmenter de 45% d’ici 2030.

En clair : agir sur la sobriété numérique n’est plus une option, mais un levier concret pour accélérer la transition écologique des territoires.

Vers un numérique plus sobre et durable

Depuis quelques années, l’État encourage les acteurs publics à adopter une démarche de numérique écoresponsable.

Deux lois structurent cette ambition :

  • La loi AGEC (Anti-Gaspillage et Économie Circulaire), qui impose aux administrations d’acheter du matériel reconditionné ou issu du réemploi et de favoriser les logiciels moins énergivores ;
  • La loi REEN (Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique), qui oblige les collectivités de plus de 50 000 habitants à se doter d’une stratégie numérique responsable.

À cela s’ajoute la feuille de route « Numérique et Environnement », qui vise à concilier développement technologique et sobriété énergétique : connaître les impacts, soutenir un numérique plus sobre et utiliser les outils digitaux comme leviers de transition écologique.

Des leviers d’action pour les collectivités

Quelques réflexes simples permettent de reprendre la main sur les dépenses numériques :

  • Paramétrer les modes veille et économie d’énergie sur tous les postes de travail pour éviter la consommation inutile en dehors des heures d’usage ;
  • Couper complètement les appareils après une longue absence ou la nuit (ordinateurs, imprimantes, serveurs locaux) à l’aide de multiprises à interrupteur ou de systèmes « coupe-veille » ;
  • Limiter les impressions en adoptant le mode brouillon, noir et blanc, recto-verso, et surtout en imprimant uniquement quand c’est indispensable ;
  • Faire durer le matériel : réparer plutôt que remplacer, acheter reconditionné, et allonger la durée de vie des équipements est l’un des gestes les plus efficaces pour réduire l’impact environnemental ;
  • Mutualiser les équipements entre services ou sites administratifs pour éviter la multiplication des appareils sous-utilisés.

8. Valoriser les énergies locales et circuits courts

Exploiter le potentiel local pour la transition énergétique

Les collectivités sont désormais au cœur du développement des énergies renouvelables sur leur territoire. Grâce à la loi d’accélération des énergies renouvelables, elles peuvent jouer un rôle actif dans l’identification des zones d’implantation et dans le financement de projets locaux. Cette implication directe permet non seulement de produire une énergie plus propre, mais aussi de générer des retombées économiques pour la collectivité.

Des retombées concrètes pour les territoires

Produire de l’électricité ou de la chaleur à partir de ressources locales (solaire, éolien, biomasse, géothermie) présente de multiples avantages :

  • Une énergie moins coûteuse et maîtrisée sur le long terme ;
  • La valorisation des ressources naturelles disponibles sur le territoire ;
  • Des recettes fiscales pour les collectivités via la revente d’énergie ou la taxe IFER (plus d’1,7 milliard d’euros versés aux collectivités en 2022) ;
  • La création d’emplois locaux et le renforcement de l’attractivité du territoire.

Les Green Power Purchase Agreement (Green PPA) ouvrent également de nouvelles perspectives. Ces contrats permettent aux collectivités de s’engager sur des volumes d’électricité renouvelable à prix fixe tout en soutenant le développement de projets locaux.

Mettre en œuvre des solutions concrètes

Pour tirer parti des ressources locales, les collectivités disposent de leviers d’action accessibles et efficaces pour produire une énergie renouvelable, durable et territoriale.

Voici quelques pistes concrètes à envisager :

  • Équiper les bâtiments publics (écoles, mairies, gymnases, piscines, etc) avec des installations solaires photovoltaïques, des chaudières biomasse ou des systèmes de géothermie pour produire de l’électricité ou de la chaleur renouvelable ;
  • Valoriser les toitures, friches urbaines ou abribus pour y installer des panneaux solaires. Des outils comme le cadastre solaire permettent d’identifier précisément le potentiel solaire de chaque surface, facilitant la planification des projets ;
  • Intégrer des clauses d’achat d’énergie verte dans les marchés publics devient une pratique incontournable pour les collectivités engagées dans la transition énergétique. Des outils comme La Clause Verte proposent des modèles de clauses environnementales prêtes à l’emploi, adaptées aux différents segments d’achat. Ces ressources permettent aux acheteurs publics de favoriser les énergies renouvelables dans leurs appels d’offres ;
  • Lancer des études de faisabilité pour évaluer le potentiel énergétique du territoire, en s’appuyant sur des dispositifs comme le Fonds Chaleur de l’ADEME ;
  • Encourager la participation citoyenne à travers des projets coopératifs d’énergie renouvelable. De nombreux projets citoyens existent déjà en France, impliquant habitants, collectivités et acteurs locaux dans la gouvernance et le financement de parcs solaires, éoliens ou de méthanisation.

Optimiser la consommation locale et les synergies

Au-delà de la production, il est essentiel de relier la génération d’énergie aux usages locaux. Par exemple :

  • Coupler les panneaux solaires à la production d’eau chaude sanitaire ou à la recharge de véhicules électriques permet de augmenter l’autoconsommation et de réduire la dépendance aux énergies fossiles ;
  • Utiliser la chaleur fatale issue de sites industriels ou d’usines de traitement pour alimenter des réseaux de chaleur urbains ;
  • Valoriser des ressources originales comme les bois flottés ou les sédiments hydroélectriques pour produire de l’énergie ou des matériaux à faible impact.

Ainsi, cette approche de circuit court énergétique aide les collectivités à maîtriser leur consommation. Elle permet aussi de réduire les émissions de CO₂, de créer de nouvelles opportunités économiques et de consolider la souveraineté énergétique locale.

Équiper les bâtiments publics de panneaux solaires

9. Piloter les consommations énergétiques

Pourquoi suivre les consommations ?

Le suivi énergétique permet d’identifier les anomalies, de détecter les équipements énergivores et de mesurer l’impact des actions mises en place. Il est également essentiel pour répondre aux obligations réglementaires, telles que le Décret Tertiaire, qui impose une réduction progressive des consommations d’énergie dans les bâtiments de plus de 1 000 m².

Quels outils utiliser pour piloter efficacement la consommation énergétique ?

Pour accompagner les collectivités territoriales dans leur transition énergétique, plusieurs outils numériques aident à suivre et optimiser les consommations énergétiques.

  • Enercompil : centralise et archive les factures d’énergie. Il permet d’exporter les données de consommation. On peut aussi visualiser les usages énergétiques des bâtiments ;
  • Homeys : pilote en temps réel les consommations d’électricité et de gaz. Il relève aussi la température, l’humidité et le CO₂ ;
  • Manty Décision : plateforme d’aide à la décision. Elle permet de piloter la consommation énergétique grâce à des tableaux de bord personnalisables.

10. Inscrire les actions dans une gestion patrimoniale dynamique

Pour aller plus loin que les gestes ponctuels, pensez votre patrimoine comme un véritable levier d’économies et de résilience énergétique. Il ne s’agit pas seulement d’agir, mais de planifier, hiérarchiser et mutualiser intelligemment vos interventions.

  • Planifier et prioriser les rénovations : analysez l’état et l’usage de vos bâtiments, identifiez les travaux à fort impact et étalez-les dans le temps pour maximiser les économies tout en respectant votre budget ;
  • Mutualiser les équipements : piscines, patinoires, centres sportifs… pourquoi chaque collectivité devrait-elle porter seule la facture ? L’intercommunalité ou les syndicats permettent d’optimiser l’utilisation et de réduire les coûts énergétiques ;
  • Démarche à long terme et résilience énergétique : inscrivez vos actions dans une stratégie durable. Entretenir régulièrement vos installations, rénover plutôt que reconstruire et suivre vos consommations via des outils de gestion centralisée permet de préparer votre collectivité aux défis énergétiques futurs.

En adoptant cette approche, vos bâtiments deviennent plus performants, vos interventions plus efficaces, et votre collectivité, exemplaire.