3 leviers pour améliorer l'efficacité énergétique dans l’industrie
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3 leviers pour améliorer l’efficacité énergétique dans l’industrie

Publié le 18 février 2026

L’industrie occupe une place centrale dans les enjeux énergétiques français. En 2021, elle représentait environ 19% de la consommation finale d’énergie en France, tout en concentrant une part significative des émissions de gaz à effet de serre. Des chiffres qui rappellent une réalité simple : impossible de réussir la transition énergétique sans transformer en profondeur les usages industriels.

Face à ces défis, une réponse s’impose : l’efficacité énergétique industrielle.

Loin d’être un simple levier environnemental, elle devient un outil stratégique au service de la performance économique, de la résilience des sites de production et de la compétitivité à long terme. Produire autant, voire mieux, en consommant moins : voilà l’équation à résoudre.

Pourquoi l’efficacité énergétique industrielle est un enjeu stratégique

Améliorer l’efficacité énergétique dans l’industrie, ce n’est pas seulement réduire des kilowattheures. C’est avant tout reprendre le contrôle de ses consommations et sécuriser son activité.

Réduire durablement la consommation d’énergie

Chaque optimisation compte. En agissant sur les procédés industriels, les équipements ou les usages, les industriels peuvent diminuer leur consommation énergétique sans compromettre la production. Résultat : moins de gaspillage, plus de maîtrise et une performance énergétique industrielle renforcée.

Maîtriser les coûts et gagner en compétitivité

Dans de nombreux secteurs, l’énergie représente une part significative du coût de revient. Or, la hausse des prix de l’électricité et du gaz pèse directement sur les marges.

En ce sens, l’efficacité énergétique devient un levier de réduction des coûts opérationnels, mais aussi un facteur de compétitivité face à des concurrents parfois mieux armés sur le plan énergétique.

Renforcer la résilience énergétique des sites industriels

Optimiser ses consommations, c’est aussi réduire sa dépendance aux marchés de l’énergie et limiter l’exposition aux risques d’approvisionnement. Dans un contexte parfois instable, cette résilience énergétique devient un avantage stratégique majeur.

Accélérer la décarbonation de l’industrie

Enfin, améliorer son efficacité énergétique permet de réduire mécaniquement les émissions de gaz à effet de serre. En consommant moins et mieux, l’industrie s’inscrit concrètement dans une trajectoire de décarbonation, en cohérence avec ses engagements RSE et les attentes des parties prenantes.

Autrement dit, l’efficacité énergétique ne relève plus du choix. Elle s’impose comme une nécessité économique, environnementale et stratégique.

Accélérer la décarbonation de l’industrie

État des lieux : l’industrie, un secteur énergivore à transformer

Malgré des progrès notables, avec une baisse d’environ 4% des consommations énergétiques industrielles entre 1990 et 2019, l’industrie reste l’un des secteurs les plus énergivores de l’économie française.

Cette forte consommation s’explique en grande partie par la nature même des activités industrielles. Les procédés thermiques, très présents dans des secteurs comme la chimie, la métallurgie ou l’agroalimentaire, concentrent une large part des usages énergétiques.

Dans un contexte de sobriété énergétique, cette dépendance expose les entreprises à plusieurs risques :

  • Une augmentation durable des coûts de production ;
  • Une sensibilité accrue aux tensions d’approvisionnement ;
  • Et une pression réglementaire croissante sur les consommations et les émissions.

Mais cette situation révèle aussi une opportunité majeure. Car là où la consommation est élevée, les gisements d’économies d’énergie le sont tout autant.

Pour rester compétitives, les industries n’ont donc plus intérêt à attendre. Agir maintenant, de manière structurée, permet non seulement de répondre aux exigences actuelles, mais aussi de préparer l’avenir sur des bases plus sobres, plus résilientes et plus durables.

C’est précisément l’objectif des trois leviers d’efficacité énergétique que nous allons détailler.

Levier n°1 : Mesurer pour mieux décider grâce à l’audit énergétique industriel

Dans l’industrie, impossible d’améliorer avant de mesurer. Avant d’envisager des travaux ou des changements d’équipements, une étape s’impose : comprendre précisément où, comment et pourquoi l’énergie est consommée.

C’est tout l’objectif de l’audit énergétique industriel, véritable point de départ de toute démarche d’efficacité énergétique.

L’audit énergétique : le socle de toute stratégie d’efficacité énergétique

L’audit énergétique en industrie consiste à analyser en détail les consommations d’un site, tout en tenant compte de ses contraintes de production. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas de produire moins, mais bien de produire mieux, avec moins d’énergie.

Concrètement, l’audit permet :

  • D’identifier les postes les plus énergivores (procédés thermiques, moteurs, froid industriel, chauffage, air comprimé, etc) ;
  • De repérer les gisements d’économies d’énergie, souvent invisibles au quotidien ;
  • Et de hiérarchiser les actions selon leur impact énergétique et leur rentabilité.

Autrement dit, les marges de progression existent. Encore faut-il savoir où agir.

Audit réglementaire : qui est concerné ?

Au-delà de son intérêt opérationnel, l’audit énergétique industriel est désormais une obligation réglementaire renforcée, dont le périmètre a récemment évolué.

Fini les critères basés uniquement sur la taille des entreprises. Désormais, c’est la consommation d’énergie finale réelle qui constitue le critère principal d’assujettissement.

L’audit énergétique obligatoire concerne à présent les entreprises dont la consommation annuelle moyenne d’énergie finale atteint ou dépasse 2,75 GWh. Elles doivent réaliser un audit énergétique tous les 4 ans qui doit couvrir au minimum 80% de l’énergie finale consommée (bâtiments, procédés, utilités, transport s’il y a lieu). Le premier audit devra être réalisé avant le 11 octobre 2026.

Pour les entreprises dont la consommation d’énergie finale atteint 23,6 GWh par an ou plus, l’exigence va plus loin : elles devront mettre en place un Système de Management de l’Énergie certifié ISO 50001 avant le 11 octobre 2027. Elles sont alors dispensées de l’audit énergétique, car la norme ISO 50001 fait office d’outil équivalent de gouvernance énergétique.

À savoir que ces seuils sont établis sur la moyenne des consommations des trois dernières années civiles.

De l’audit au plan d’action énergétique

Un audit énergétique industriel n’est pas une simple photographie à un instant donné. C’est une étape structurante qui pose les bases d’une feuille de route claire et opérationnelle. Concrètement, l’audit transforme des données de consommation en actions ciblées et priorisées.
Objectif : réduire durablement l’énergie consommée, sans dégrader la performance industrielle, et souvent en l’améliorant.

Les recommandations se déclinent généralement en trois niveaux :

  • Les actions à court terme, souvent peu coûteuses mais rapidement rentables ;
  • Les investissements plus structurants, nécessitant des travaux ou un renouvellement d’équipements ;
  • Et les leviers organisationnels ou comportementaux, souvent sous-estimés.

Dans la pratique, ces actions s’appuient fréquemment sur des opérations standardisées, reconnues pour leur efficacité. Parmi elles : la récupération de chaleur fatale, l’isolation des réseaux, la variation de vitesse sur moteurs ou encore l’optimisation du froid industriel.

L’audit devient ainsi un véritable outil d’aide à la décision. Il permet de prioriser les actions selon leur impact réel, plutôt que de multiplier des initiatives dispersées.

De l’audit au plan d’action énergétique

Levier n°2 : Optimiser les procédés et réaliser des travaux d’efficacité énergétique

Une fois l’audit énergétique industriel réalisé, place au concret. C’est à ce stade que l’efficacité énergétique quitte le champ du diagnostic pour entrer dans celui de l’action. Objectif : réduire durablement les consommations d’énergie, sans dégrader, et parfois même en améliorant, la performance industrielle.

Dans un contexte où l’industrie représente 18% des émissions nationales de gaz à effet de serre de la France (chiffres de 2024), optimiser les procédés devient un levier stratégique.

Optimiser les procédés industriels : consommer moins, produire mieux

Dans l’industrie, une part très importante de l’énergie est utilisée pour produire de la chaleur ou actionner des procédés thermiques et mécaniques. Cette énergie est indispensable à de nombreux secteurs, notamment la chimie et la métallurgie, où des températures élevées sont nécessaires pour transformer les matières premières. Dans les industries nécessitant des températures supérieures à 500 °C, cette demande de chaleur représente une large part de la consommation énergétique globale du site.

L’optimisation passe alors par plusieurs axes complémentaires :

  • Amélioration des réglages et de la conduite des installations : un pilotage plus fin permet de réduire les pertes d’énergie durant les phases transitoires ou hors charge ;
  • Réduction des pertes énergétiques dans les réseaux, échangeurs ou systèmes thermiques ;
  • Adaptation de la puissance des équipements aux besoins réels, par exemple par l’usage de variateurs de vitesse ;
  • Limitation des périodes de fonctionnement inutiles, notamment en dehors des cycles de production effectifs.

Ces mesures, parfois simples, permettent déjà de réaliser des gains rapides d’énergie sans investissements lourds, et préparent le terrain pour des travaux plus conséquents.

Des travaux d’efficacité énergétique ciblés et mesurables

À partir des recommandations de l’audit énergétique, les industriels peuvent prioriser les actions les plus rentables. Celles qui offrent le meilleur rapport coût / économies d’énergie. Pour structurer cette phase, un cadre opérationnel est largement utilisé : les fiches d’opérations standardisées.

Élaborées avec l’ADEME et l’ATEE, ces fiches décrivent des actions types d’économies d’énergie. Elles précisent les critères techniques à respecter et les économies forfaitaires attendues, exprimées en kWh cumac. Elles jouent un double rôle. D’une part, elles facilitent l’estimation des gains énergétiques. D’autre part, elles permettent de justifier les travaux dans le cadre des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).

Parmi les actions les plus fréquemment identifiées lors d’un audit, on retrouve notamment :

  • Récupération de chaleur fatale issue des procédés industriels ou des installations frigorifiques, pour être réutilisée sur d’autres besoins énergétiques du site ;
  • Isolation de points singuliers pour limiter les pertes souvent invisibles mais significatives ;
  • Variation électronique de vitesse sur moteurs électriques, afin d’adapter la puissance consommée à la charge réelle et éviter les consommations inutiles ;
  • Optimisation et régulation des systèmes de froid industriel, via la mise en place d’une régulation à haute pression flottante ;
  • Remplacement des presses à injecter par des modèles électriques ou hybrides, dans les activités de transformation des plastiques. Ces équipements, largement utilisés dans l’industrie, consomment beaucoup d’énergie. Les technologies électriques ou hybrides permettent de faire des économies d’énergie.

Moderniser les équipements pour gagner en performance énergétique

L’efficacité énergétique ne se limite pas à des actions ponctuelles : elle passe par une mise à jour technologique des actifs industriels. L’installation de matériels plus performants : moteurs, générateurs, systèmes de chauffage ou de refroidissement, permet de réduire la consommation tout en maintenant le niveau de production.

En améliorant l’efficacité des équipements, on réduit également les besoins de maintenance et les risques d’arrêt non planifié, ce qui participe à une meilleure stabilité opérationnelle.

Levier n°3 : Suivre et digitaliser son pilotage énergétique en temps réel

Pourquoi digitaliser le pilotage énergétique après les travaux ?

Après avoir réalisé des travaux d’optimisation énergétiques, assurer la pérennité des économies est un enjeu majeur pour toute industrie performante. Dans de nombreux cas, les surconsommations ne proviennent pas d’équipements obsolètes, mais de fonctionnements inefficaces, de dérives non détectées ou d’arrêts partiels mal gérés au niveau des procédés industriels. Sans un suivi régulier, les gains obtenus lors des travaux peuvent rapidement se réduire avec le temps, entraînant des coûts énergétiques plus élevés et un pilotage inefficace des charges.

Un système de pilotage énergétique digitalisé permet d’éviter cette dérive : il collecte, centralise et analyse en continu les données de consommation pour garantir que les économies prévues sont réellement atteintes dans la durée.

Collecte des données en temps réel : capteurs et indicateurs de performance

Le cœur de cette démarche repose sur l’installation de capteurs, compteurs connectés et logiciels de gestion énergétique, formant un système de monitoring en temps réel. Grâce à ces dispositifs, il devient possible de :

  • Mesurer précisément la consommation électrique, thermique ou de fluides (air comprimé, froid industriel, vapeur, etc.) pour chaque usage significatif du site ;
  • Calculer des indicateurs de performance énergétique (IPE) ;
  • Visualiser les flux énergétiques et les tendances sur des interfaces centralisées, accessibles aux équipes opérationnelles et aux décideurs.

Ce pilotage digitalisé s’inscrit dans la logique de l’industrie 4.0, où l’Internet des Objets industriel (IIoT) permet de collecter et d’analyser les données en continu, de détecter automatiquement les anomalies (comme une fuite d’air comprimé ou un pic de consommation) et de déclencher des actions correctives ciblées.

Suivi des dérives et amélioration continue

Plus qu’un simple tableau de bord, un système de pilotage énergétique digitalisé joue un rôle actif dans la gestion des dérives de consommation. En comparant les IPE à des seuils de référence, l’outil peut envoyer des alertes immédiates en cas de dépassement, ce qui permet aux équipes techniques d’intervenir rapidement et d’éviter que des écarts non maîtrisés ne compromettent les économies réalisées.

Cette approche dynamique, centrée sur la mesure et l’analyse fine des données, constitue un levier solide pour une amélioration continue de l’efficacité énergétique et s’inscrit parfaitement dans une stratégie structurée de performance industrielle.

Les bénéfices concrets pour l’industrie

Un système de pilotage énergétique digitalisé apporte plusieurs bénéfices tangibles :

  • Bénéficier d’un financement via les CEE, ce qui améliore le retour sur investissement des projets d’efficacité énergétique ;
  • Vérifier que les économies post-travaux sont bien réalisées et durables ;
  • Identifier les dérives de consommation en temps réel pour une action rapide ;
  • Optimiser les usages énergétiques à chaque étape du processus industriel.

Bonus : Compléter l’efficacité énergétique par un approvisionnement bas-carbone et par une mobilisation des équipes

Pour accélérer la décarbonation industrielle, les entreprises ont tout intérêt à compléter leurs actions techniques par un verdissement de leurs consommations et une mobilisation plus large des collaborateurs. Deux leviers simples à enclencher, rapides à déployer, et qui produisent des résultats concrets.

Consommer une électricité verte et du gaz renouvelable

Dans l’industrie, les principaux postes énergétiques restent aujourd’hui l’électricité et le gaz naturel. Un constat clé, car il ouvre une opportunité immédiate : réduire fortement l’empreinte carbone sans transformer les procédés.

Opter pour une électricité verte française, issue de sources renouvelables (hydraulique, éolien, solaire), permet de décarboner instantanément les usages électriques. Aucun changement d’équipement, aucune rupture de production. Simplement un choix d’approvisionnement plus vertueux, aux effets immédiats sur le bilan carbone.

Cette bascule devient d’ailleurs stratégique à moyen et long terme. Selon les travaux du centre de réflexion La Fabrique de l’Industrie, la consommation d’électricité du secteur industriel français pourrait doubler d’ici 2050, passant d’environ 103 TWh en 2023 à plus de 200 TWh. À cet horizon, l’électricité représenterait près de 62% du mix énergétique industriel, contre 38% aujourd’hui.

Autrement dit : l’industrie de demain sera largement électrifiée. Autant anticiper dès maintenant cette trajectoire avec une électricité bas-carbone.

Même logique côté gaz. Le biométhane, produit à partir de déchets organiques et injecté dans les réseaux existants, constitue une alternative crédible au gaz fossile. En substituant progressivement par du gaz renouvelable, les industriels peuvent réduire significativement leurs émissions de CO₂, tout en conservant leurs usages thermiques essentiels (séchage, chauffage de fluides, procédés thermiques).

Verdir ses consommations permet ainsi de :

  • Réduire immédiatement l’empreinte carbone, sans attendre des transformations lourdes ;
  • Limiter la dépendance aux énergies fossiles importées ;
  • Renforcer la résilience énergétique face aux tensions de marché ;
  • Anticiper les trajectoires réglementaires, alors que l’UE vise une réduction de 55% des émissions de GES d’ici 2030.

En clair, intégrer l’électricité renouvelable et le biométhane dans sa stratégie d’achat, c’est aligner performance industrielle, souveraineté énergétique et responsabilité climatique.

Sensibiliser et impliquer les collaborateurs

Si la technologie est un levier, l’humain en est un autre, souvent sous-estimé. Former et impliquer les équipes dans une démarche de sobriété énergétique permet :

  • D’ancrer durablement les bons réflexes ;
  • De repérer plus facilement les dérives de consommation ;
  • De réduire les gaspillages opérationnels ;
  • Et de renforcer l’adhésion aux projets de décarbonation structurants.

Concrètement, cela passe par des campagnes de sensibilisation régulières et pédagogiques, des formations ciblées et une communication transparente sur les gains obtenus et les progrès réalisés.

Lorsque les équipes perçoivent les bénéfices, économiques, techniques et environnementaux, elles deviennent les meilleurs relais de la transition énergétique.

Vers une véritable stratégie de décarbonation industrielle

En combinant efficacité énergétique, énergies renouvelables et engagement interne, les industriels posent les bases d’une stratégie de décarbonation solide, cohérente et durable. À l’échelle d’un site industriel, ces approches peuvent réduire la consommation globale, tout en améliorant la compétitivité et la résilience énergétique.

En d’autres termes, la transition vers une industrie bas-carbone ne repose pas uniquement sur des investissements lourds. Elle commence souvent par des décisions individuelles, des choix responsables et des réflexes partagés. Ensemble, ces actions dessinent une trajectoire de décarbonation pérenne, au service de la performance et du climat.

Sensibiliser et impliquer les collaborateurs

Cadre d’accompagnement et aides financières

Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)

À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, le dispositif des CEE entre dans une nouvelle ère. La 6ᵉ période inaugure un cycle plus ambitieux, plus exigeant, mais surtout plus incitatif pour les industriels engagés dans la transition énergétique. L’objectif assigné aux obligés est désormais relevé de 27%, portant la cible nationale d’économies d’énergie à 1 050 TWhc, contre 825 TWhc précédemment. Une hausse qui n’a rien d’anodin : elle transforme les CEE en moteur financier incontournable des projets industriels de performance énergétique.

Cette nouvelle période marque également un changement d’approche. Finies les opérations marginales ou peu contributives : le dispositif se concentre désormais sur les actions capables de générer un bénéfice énergétique réel et mesurable. Les rénovations globales, la modernisation des équipements, la décarbonation des procédés ou encore la récupération de chaleur deviennent des priorités nationales.

L’année 2026 apporte également son lot d’innovations avec l’arrivée de nouvelles fiches d’opérations standardisées, élargissant significativement le champ des actions éligibles. Ces évolutions traduisent une volonté de coller à la réalité technologique et d’intégrer les besoins d’efficacité énergétique des secteurs les plus intensifs.

Ainsi, les CEE 2026–2030 deviennent l’un des outils les plus déterminants pour rendre les projets industriels à la fois réalisables, rentables et durables.

Le Fonds Chaleur : un levier majeur pour la chaleur renouvelable

Dans la course à la décarbonation, le Fonds Chaleur, piloté par l’ADEME, continue d’occuper une place centrale. Chaque année, il accompagne des centaines d’industriels dans la transformation de leurs systèmes thermiques, encore largement dépendants du gaz ou du fioul. Biomasse, solaire thermique, géothermie, chaleur fatale : autant de technologies qui, sans ce soutien, peineraient à s’imposer face aux énergies conventionnelles. Le Fonds Chaleur finance aussi bien les installations neuves que les projets de récupération de chaleur, permettant à de nombreux sites de valoriser une énergie jusque‑là perdue.

Le Prêt Éco-Énergie de la Bpifrance

En parallèle des subventions, les industriels disposent d’un levier financier solide pour soutenir leurs projets d’efficacité énergétique : le Prêt Éco-Énergie (PEE) proposé par Bpifrance. Ce prêt a été conçu pour accompagner les TPE et PME de plus de trois ans d’existence.

Ce financement présente plusieurs avantages opérationnels :

  • Montant adapté aux projets industriels : il peut aller de 10 000€ à 500 000€, permettant de couvrir à la fois l’achat d’équipements éligibles aux Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) et les dépenses inhérentes à leur mise en place ;
  • Couverture plus large que l’équipement seul : jusqu’à 40% du prêt peut financer des frais immatériels tels que études de faisabilité, ingénierie, dimensionnement, essais ou mise au point, essentiels pour sécuriser et optimiser un projet énergétique ;
  • Conditions de remboursement attractives : une durée de remboursement de 3 à 7 ans, avec la possibilité d’un différé d’amortissement du capital jusqu’à 2 ans, allège la trésorerie des entreprises au démarrage des travaux ;
  • Souplesse administrative : aucune garantie sur les actifs de l’entreprise ni sur le patrimoine personnel du dirigeant n’est requise, ce qui simplifie l’accès au financement.

Pour les industriels engagés dans une démarche réelle de modernisation énergétique, le PEE s’impose comme un levier pragmatique, complémentaire aux CEE et souvent indispensable pour structurer et financer un projet de transition cohérent, de l’audit à l’installation des solutions techniques.

Contrat de Performance Énergétique (CPE)

Le Contrat de Performance Énergétique (CPE) reste une référence lorsqu’il s’agit de sécuriser des économies d’énergie durables et mesurables dans l’industrie. Ce dispositif est défini comme un accord contractuel entre un industriel (ou maître d’ouvrage) et un opérateur spécialisé, qui s’engage à atteindre un objectif prédéfini d’économies d’énergie sur une période donnée, souvent plusieurs années, avec un garantie de résultats vérifiables.

L’un des principes fondamentaux du CPE est précisément cette garantie de performance énergétique. Si les économies promises ne sont pas atteintes, l’opérateur doit compenser financièrement l’écart, ce qui répartit le risque entre les parties et encourage une démarche rigoureuse et orientée résultats.

Ce cadre robuste convient particulièrement aux sites où les économies potentielles sont significatives, car il permet de mutualiser les efforts techniques et financiers tout en assurant un suivi rigoureux des résultats dans la durée.

Le tiers‑financement

Autre approche, plus flexible celle‑ci : le tiers‑financement. Dans ce modèle, un investisseur tiers prend en charge l’ensemble du coût du projet, et l’entreprise rembourse progressivement grâce aux économies d’énergie générées.

Cette logique, particulièrement utile pour les industriels qui souhaitent limiter leur investissement initial, continue de se développer, renforçant ainsi la garantie de performance.

France 2030 et les appels à projets 2025–2026 (DECARB IND 25)

Dans le cadre de France 2030, l’État renforce son soutien à la décarbonation profonde de l’industrie à travers des appels à projets structurants, dont DECARB IND 25. Ce dispositif cible les projets industriels ambitieux, avec :

  • Un investissement minimum de 3 millions d’euros ;
  • Une réduction d’au moins 1 000 tonnes de CO₂ par an ;
  • Et une action portant sur l’efficacité énergétique, la transformation du mix énergétique ou matière, ou encore le captage et la valorisation du carbone.

Ouvert fin 2024, l’appel à projets prévoit plusieurs relèves en 2025 et 2026, dont une échéance attendue au printemps 2026. Il s’adresse en priorité aux sites industriels souhaitant engager une trajectoire de décarbonation alignée avec les objectifs 2030 et 2050.

En parallèle, France 2030 soutient également des très grands projets industriels, notamment pour l’électrification massive des procédés ou le déploiement de solutions de captage-stockage du carbone (CCS).

Plus sélectifs, ces dispositifs concentrent les financements là où l’impact carbone est le plus fort, et constituent un levier majeur pour accélérer la transformation des sites industriels les plus émetteurs.

Programmes de formation : PROREFEI, PRO‑SMEn, ACT Pas‑à‑Pas

Enfin, parce que la transition énergétique ne se résume pas à des équipements mais repose aussi sur les compétences, plusieurs programmes de formation restent accessibles. PROREFEI accompagne les référents énergie dans la montée en compétence, tandis que le programme ACT® Pas‑à‑Pas aide à structurer une stratégie climat solide et cohérente.

En consolidant les savoir‑faire internes, ces dispositifs favorisent une appropriation durable de la démarche énergétique et renforcent la capacité des équipes à piloter la décarbonation sur le long terme.

Pour aller plus loin découvrez notre article de blog : Industrie : Quels financements pour vos audits et études énergétiques ?

En conclusion : l’industrie de demain se construit aujourd’hui

La transition énergétique n’est plus un horizon lointain : elle s’invite désormais au cœur des décisions stratégiques.

Si la mesure et l’efficacité énergétique mobilisent des savoir‑faire techniques spécifiques, le verdissement des consommations est, lui, immédiat, concret et accessible. C’est une façon simple d’envoyer un signal fort : nous avançons.

Et c’est précisément sur ce levier que la bellenergie Business peut vous accompagner. En choisissant une électricité 100% verte et française, vous réduisez instantanément l’impact carbone de votre activité.

Envie de verdir votre électricité et d’accélérer la transition de votre site industriel ? Découvrez les offres de la bellenergie Business. Parce qu’une industrie plus durable commence aussi par un choix plus juste : celui d’une énergie meilleure, pour votre compétitivité… et pour le climat.

Sources