Ce qui change en 2026 en matière d’électricité pour les professionnels
Marché de l'énergie

Ce qui change en 2026 en matière d’électricité pour les professionnels

Publié le 23 janvier 2026

2026 marque une année de transition majeure pour le marché de l’électricité en France : fin d’un dispositif historique, nouvelles obligations réglementaires, évolution des taxes et accélération de la transition énergétique. Tour d’horizon des principaux changements à anticiper pour les entreprises et les collectivités.

Fin de l’ARENH : un nouveau fonctionnement du marché de l’électricité dès 2026

La fin d’un prix de référence historique

Au 1ᵉʳ janvier 2026, l’ARENH (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) s’arrête définitivement. Concrètement, ce dispositif permettait jusqu’ici aux fournisseurs alternatifs d’acheter une partie de l’électricité nucléaire d’EDF à un prix régulé de 42€/MWh (dans la limite d’un volume annuel), ce qui apportait un repère de prix et une certaine stabilité dans les offres proposées.

Le Versement Nucléaire Universel (VNU) : un mécanisme de redistribution

En parallèle, un nouveau mécanisme de régulation prend le relais : le Versement Nucléaire Universel (VNU). Son principe est différent : il ne donne pas accès à une électricité “moins chère” au moment de l’achat, mais prévoit une redistribution a posteriori sur la facture uniquement si les prix de marché dépassent un niveau préétabli (lié au “coût complet” du nucléaire). D’après les éléments disponibles, aucune redistribution n’est attendue en 2026, car les prix anticipés resteraient trop proches de ce niveau de référence.

Les contrats 2026 reflèteront davantage la structure des marchés de gros et leur volatilité.

Des impacts très différenciés selon les profils de consommation

Les sites qui consomment beaucoup en hiver, ceux avec des pointes importantes, ou ceux qui peuvent difficilement ajuster leurs usages, risquent d’être plus exposés.

En résumé : avec la fin de l’ARENH, le “risque principal” évolue. On passe d’un système où une partie du prix était administrée à un système où le coût d’approvisionnement dépend davantage des prix de marché. Le VNU agira au mieux comme un amortisseur éventuel, mais pas comme un bouclier automatique.

Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique

CEE 2026-2030 : entrée en vigueur de la 6e période

À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, la 6e période des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) entre en application pour 5 ans, jusqu’au 31 décembre 2030. Cette nouvelle phase marque un durcissement du dispositif, avec des obligations en hausse pour les vendeurs et fournisseurs d’énergie.

Concrètement, les volumes d’économies d’énergie à réaliser augmentent d’environ 27% par rapport à la période précédente. Pour les fournisseurs d’électricité, de gaz et de carburants, cela signifie financer davantage de projets d’efficacité énergétique.

Impact pour les entreprises et les collectivités

Côté budget, la conséquence la plus directe est une hausse progressive de la composante CEE dans les prix de l’électricité, du gaz et des carburants sur la période 2026–2030.

Mais cette montée en charge crée aussi davantage d’opportunités de financement pour les entreprises et collectivités qui engagent des actions de performance énergétique.

La période 6 privilégie les économies d’énergie durables et structurelles, notamment :

  • La récupération de chaleur et la valorisation de chaleur fatale ;
  • L’optimisation des systèmes CVC ;
  • La rénovation et le pilotage de l’éclairage ;
  • Les motorisations et procédés industriels performants ;
  • Les approches globales plutôt que les gestes isolés.

Évolution des taxes et contributions sur l’électricité à partir de 2026

En 2026, le prix de l’électricité ne dépendra pas uniquement des marchés de gros. Les taxes et contributions continuent elles aussi d’évoluer, avec des effets contrastés sur la facture finale. Certaines baissent légèrement, d’autres augmentent ou s’ajustent mécaniquement.

Baisse de la CTA : un ajustement symbolique sur l’abonnement

À compter du 1ᵉʳ février 2026, la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) diminue de 25%. Cette taxe, intégrée à la part fixe de la facture (l’abonnement), finance notamment le régime spécial des industries électriques et gazières.

Concrètement, cette baisse se traduit par une réduction d’environ 5% du prix de l’abonnement.

Jusqu’à 200€ d’économie par an pour certains professionnels fortement électro-intensifs.

La mesure s’applique automatiquement, quel que soit le fournisseur ou le type de contrat. Son impact reste toutefois limité sur la facture globale, car la CTA ne concerne que la part fixe, et non la consommation.

Accise sur l’électricité : un ajustement à partir de février 2026

Autre évolution à suivre en 2026 : l’accise sur l’électricité (ex-CSPE / ex-TICFE), qui s’applique directement sur chaque kWh consommé.

À défaut d’une loi de finances définitivement adoptée fin 2025, les tarifs restent inchangés jusqu’au 31 janvier 2026. À partir du 1ᵉʳ février 2026, ils seront réévalués, notamment pour tenir compte de l’inflation.

Cette évolution agit directement sur la part variable de la facture. Elle s’applique à tous les clients, y compris ceux disposant d’une offre à prix fixes (puisqu’il s’agit d’une taxe réglementaire).

TURPE : un ajustement mécanique à l’été 2026

Le TURPE (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité) correspond au coût d’acheminement de l’électricité : il finance le transport et la distribution sur le réseau électrique français. Présent sur les factures des particuliers comme des professionnels, il pèse environ 25 à 30% du montant total, avec des variations selon la puissance souscrite et le profil de consommation.

Depuis le 1ᵉʳ août 2025, le TURPE 7 a remplacé le TURPE 6. Ce cadre tarifaire s’applique jusqu’en 2028 et vise à accompagner les grandes évolutions du système électrique : montée en puissance de l’électricité, électrification des usages (mobilité, chauffage, industrie) et intégration croissante des énergies renouvelables dans les réseaux.

Contrairement à d’autres composantes de la facture, le TURPE n’est pas redéfini chaque année. Il est fixé pour plusieurs années, avec des ajustements annuels automatiques.

À l’été 2026, aucune refonte n’est attendue, mais un ajustement mécanique au 1ᵉʳ août pourra néanmoins faire évoluer le niveau du TURPE.

Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité

Décret tertiaire : une échéance réglementaire clé au 30 septembre 2026

Le dispositif Éco-Énergie Tertiaire (EET), issu du décret tertiaire de 2019, impose aux acteurs du tertiaire une réduction progressive des consommations d’énergie. Il concerne tous les bâtiments à usage tertiaire, publics ou privés, dont la surface cumulée dépasse 1 000 m².

L’objectif est clair : inscrire le parc tertiaire dans une trajectoire de sobriété énergétique de long terme, avec des obligations de résultats, et non de moyens.

Une trajectoire de réduction encadrée jusqu’en 2050

Le décret tertiaire fixe 3 paliers successifs de réduction de la consommation d’énergie finale :

  • -40% d’ici 2030 ;
  • -50% d’ici 2040 ;
  • -60% d’ici 2050.

Ces objectifs peuvent être atteints selon 2 approches une réduction relative, par rapport à une année de référence choisie après 2010 ou l’atteinte d’une valeur absolue exprimée en kWh/m²/an, définie par arrêté selon l’activité du bâtiment.

30 septembre 2026 : une échéance opérationnelle majeure

L’année 2026 marque une étape clé dans le calendrier du décret tertiaire.

Au 30 septembre 2026, les assujettis devront :

  • Déclarer sur OPERAT les consommations d’énergie de l’année 2025 ;
  • Disposer de données consolidées et cohérentes, qui serviront de base au suivi de la trajectoire.

Une logique de trajectoire, pas uniquement de travaux

Le décret tertiaire ne se limite pas à la rénovation lourde. Il repose sur une logique d’actions, au sens large :

  • Optimisation des usages et des réglages ;
  • Pilotage énergétique (GTB, supervision, suivi des consommations) ;
  • Modernisation des équipements ;
  • Qualité de l’exploitation et implication des occupants.

Autrement dit, l’enjeu n’est pas de tout transformer en une fois, mais de construire une trajectoire crédible et documentée.

Audits énergétiques renforcés : de nouvelles obligations à partir d’octobre 2026

À partir de l’automne 2026, le cadre réglementaire autour de l’audit énergétique change d’échelle.

En cause : la transposition en France de la directive européenne sur l’efficacité énergétique, via la loi DDADUE.

Objectif affiché : réduire durablement les consommations d’énergie, tous secteurs confondus.

Un seuil d’obligation fortement abaissé

Jusqu’ici, l’audit énergétique concernait surtout les grandes entreprises, selon des critères de taille ou de chiffre d’affaires.

À présent, toute entreprise consommant plus de 10 TJ/an, soit environ 2,75 GWh/an, devra réaliser un audit énergétique obligatoire. Le premier audit devra être réalisé avant le 11 octobre 2026.

Peu importe le secteur ou la taille juridique : seule la consommation compte.

Cela inclut désormais de nombreux sites industriels, mais aussi des acteurs tertiaires énergivores qui n’étaient pas concernés jusqu’ici.

Ces audits devront être renouvelés tous les 4 ans.

Très gros consommateurs : le passage au système de management de l’énergie

Pour les entreprises les plus énergivores, la marche est encore plus haute.

Au-delà de 85 TJ par an (environ 23,6 GWh/an), l’audit ne suffit plus.

Il devient obligatoire de mettre en place un système de management de l’énergie (SMÉ), de type ISO 50001 avant le 11 octobre 2027.

Logique poursuivie par le législateur : passer d’un diagnostic ponctuel à une démarche de pilotage continu de la performance énergétique.

À noter : une entreprise déjà certifiée ISO 50001 est dispensée de l’audit énergétique, à condition que le périmètre couvre bien les 80% de consommation requis.

Loi APER : le photovoltaïque devient obligatoire sur certains parkings dès juillet 2026

La loi APER (Accélération de la Production d’Énergies Renouvelables) passe en mode concret.

Dès juillet 2026, certains parkings extérieurs devront intégrer des ombrières photovoltaïques.

L’idée est simple : utiliser des surfaces déjà artificialisées pour produire de l’électricité renouvelable. Avec un bonus “usage” au passage : plus d’ombre, moins de surchauffe des véhicules, et une protection contre les intempéries.

Qui est concerné dès 2026 ?

La règle cible les parkings extérieurs existants les plus grands.

À partir du 1ᵉʳ juillet 2026, l’obligation s’applique aux parkings > 10 000 m².

Puis, une 2e vague arrive en 2028 pour les surfaces intermédiaires (1 500 à 10 000 m²).

À garder en tête : selon les cas, la responsabilité peut peser sur le propriétaire ou sur le gestionnaire (ex : concession, délégation, autorisation d’occupation). C’est souvent le premier point à clarifier, surtout quand il y a un bail ou une gestion externalisée.

À noter : un report jusqu’à janvier 2030 peut être envisagé pour les acteurs qui s’engagent dans une mise en conformité “renforcée”.

Ce que la loi impose, concrètement

On ne parle pas juste “d’installer du solaire”. La loi fixe un cadre précis :

  • Au moins 50% de la surface du parking doit être couverte par des dispositifs d’ombrage ;
  • Et sur cette surface, une part minimale de 35% de la moitié doit intégrer du photovoltaïque.
le photovoltaïque devient obligatoire sur certains parkings

Heures creuses : une réforme qui se poursuit en 2026

Engagée depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, la réforme des heures pleines / heures creuses se déploie progressivement en 2026, avec un objectif clair : adapter la consommation d’électricité à la production réelle, de plus en plus marquée par le solaire.

Ce qui change concrètement

La réforme ne supprime pas les heures creuses.

Elle en modifie la répartition.

  • Le nombre reste identique : 8 heures creuses par jour ;
  • Mais elles sont désormais partagées entre la nuit et la journée.

En pratique :

  • Au moins 5 heures restent la nuit ;
  • Jusqu’à 3 heures peuvent se situer en journée, généralement entre 11h et 17h.

Les horaires exacts dépendent de la zone géographique et sont fixés par Enedis, sans démarche à effectuer côté client.

Une évolution saisonnière à partir de fin 2026

Nouvelle étape attendue en fin d’année 2026, les heures creuses deviennent saisonnières :

  • D’avril à octobre : davantage d’heures creuses en journée, pour coller à la production solaire ;
  • De novembre à mars : retour à une logique plus nocturne, en lien avec le nucléaire et l’hydraulique.

Quels professionnels sont concernés ?

Tous les clients professionnels peuvent être impactés, mais pas de la même manière.

Découvrez notre article de blog sur le sujet pour plus d’informations.

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